Encore une preuve aujourd'hui des bienfaits de la communication. Me voilà ravie.

Vendredi une cliente vient me voir avec ses deux enfants. Je les vois l'un après l'autre puis je reçois la mère. Jusque là, rien que du normal, basique et habituel.
Puis, le soir même, je reçois un courriel de la mère se plaignant d'un sentiment de légèreté des entretiens.
Allons bon ! Elle n'était pas là ! Qu'est ce qui a été rapporté par les enfants ? Me suis mal faite comprendre ? Les ai-je mal écoutés ? Nous ne nous sommes pas
compris, je me dis. Pourtant la demande était clairement énoncée, la problématique tout à fait bien expliquée. Je réponds par messagerie à la mère qu'il y a peut être une part d'ombre à sa
demande qui m'avait parue claire pourtant. Je lui demande alors de me dire ce qu'elle entend pas "léger".
Le message en retour me réconforte complètement et me conforte dans l'idée que sans communication, le conflit est inévitable et risque d'installer un dialogue en impasse. Et oui, la mère des
enfants ne parlait pas de l'entretien avec les enfants, mais du court entretien que j'ai eu ensuite avec elle en présence de ses enfants. C'est là que nous nous sommes mal comprises et qu'il me
faut rétablir le sens de cet entretien.
Comme j'aime avoir cette preuve de la justesse des théories sous-jacentes apprises pendant ma formation et qui ne font sens que si on reste consciemment vigilant face aux signes renvoyés par les
situations de la vie réelle.
Imaginons plusieurs cas :
1. La mère pense que je ne lui ai pas assez parlé, rumine seule dans sa tête, puis renvoie sa frustration par des plaintes envers moi uniquement destinées à son entourage. La mère ne fait pas
suite aux premiers entretiens, ne me prévient pas, et se persuade qu'elle est la victime d'une personne qui manque de bienveillance. Moi, je ne connais rien de ses pensées. Je ne la vois pas
revenir et pense être victime d'une personne inconséquente. Le dialogue n'a jamais existé. Le conflit est né et s'est transformé en plaintes muettes et totalement inutiles. Il y a deux êtres
déçus par la nature humaine...
2. La mère m'envoie le message. Je prends la mouche, comprends qu'elle parle de l'entretien de ses enfants, m'insurge sur ce fait qu'elle n'a pas à juger des moments où elle n'était pas là. Je
réponds alors en ce sens. Le dialogue devient un dialogue de sourds. Personne ne comprend l'autre puisque personne n'a écouté l'autre. Le conflit peut progresser et se nourrir des non-dits... Il
y a deux êtres en colère.
En choisissant la 3ème possibilité, c'est à dire en demandant à la personne son sentiment, en acceptant qu'elle ait mal vécu quelque chose, je lui donne la parole. Elle comprend et moi, je
progresse. Oui ! Parce qu'il est évident que cette femme a raison. et que j'ai raison La démarche est juste entamée, j'ébauche un commentaire rapide. Je n'ai pas de diagnostic à donner, ce n'est
pas mon métier. Je suis une professionnelle et je connais le déroulement de ma démarche. La mère est la cliente. Et j'ai imaginé qu'elle savait ce que je savais. Elle a vraiment pensé qu'après un
seul entretien avec ses enfants, j'allais lui rendre la clé de la problématique, avec conseils et précisions. Elle est venue anxieuse et est repartie anxieuse. Je prends note. Si je recherche ce
que pensent, veulent, désirent, comprennent les enfants, je dois également rechercher ce que pensent, veulent et désirent les parents qui les accompagnent.
Moi ça me va ! Enfin presque.. parce que cela re-soulève d'autres problèmes. Dois-je faire systématiquement un entretien parent après un entretien enfant ? Dois-je alors inclure dans le
prix de l'entretien enfant l'entretien parent ? C'est impossible parce qu'alors un entretien enfant serait plus cher qu'un entretien adulte. Pour pallier à cette idée, je réduisais mon temps sur
l'entretien enfant. Il faudrait que je le réduise encore ? Et si le parent n'a rien de particulier à me dire, je dis que l'entretien est moins cher ?
Ah ! grrrrrrr encore ce fameux dilemne : aide et soutien versus argent
Lundi 18 mai 2009
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