Hier je parlais de communication réussie.. aujourd'hui de communication impossible. Communication en impasse, communication où bourreau et victime s'échange les
rôles pour le mal être des deux...
Du plus loin où je me souvienne, téléphoner à ma mère se résumait entre : disponible ou non disponible.
Encore faut il définir ce qu'est la disponibilité. C'est vrai. Etre disponible, c'est se placer comme écoutant vis à vis de l'autre, mettre de coté le présent
quelqu'il soit.
Quand mes enfants me téléphonent, je suis disponible, sauf si je suis en entretien. Autrement dit, si je regarde une émission, un film, si je suis en train de
cuisiner, de ranger, m'occuper d'un problème domestique, si je suis en train de m'occuper de moi (maquillage, coiffure, lavage) JE SUIS DISPONIBLE ! Point barre. Si je suis avec un client, je ne
suis plus disponible parce que je gagne ma vie et que le respect du client est une évidence.
Ma mère n'a jamais eu la même idée de disponibilité que moi. Pour elle, je crois, être disponible c'est n'avoir rien à faire d'autre. Il m'est donc souvent arrivé de lui téléphoner et de
m'entendre dire : "Tu peux rappeler vers telle heure, je suis en train de regarder un film, une émission, je suis en train de faire cuire des nouilles, la viande.." bref toutes les excuses pour
ne pas me faire passer en priorité, même si, au final, je sais bien que je passe avant le film dans son coeur, avant les nouilles, avant la viande..
Et hier, ça n'a pas loupé. L'histoire s'est répétée.
J'expique
Ma mère me téléphone, mais je ne suis pas joignable. Paniquée de ne pas m'avoir en disponibilité, elle téléphone à ma soeur pour vérifer le numéro. Ma soeur m'appelle pour me tenir au courant que
mère veut me joindre. Je me doute bien que ce n'est pas primordial, mais, bonne fille, je la rappelle.
" Bonjour c'est ..;"
" Oh, tu tombes mal ! Je suis en train de faire la lecture à ma meilleure amie, tu sais X. Elle vient d'arriver et nous en avons encore pour deux heures. Après, on va manger.. Tu peux me rappeler
demain à 9h ?"
Je consulte mon agenda. 9h, c'est parfait. Je raccroche avec un très net sentiment d'avoir été exclue de l'intimité, de passer après l'amie, de ne pas être importante, d'être sans importance
même. Elle ne m'a même pas demandé quel était le sujet de l'appel.
Le lendemain, 9h.. J'oublie totalement, prise par mes préoccupations. (eh oui ! facile ! ) Certes, ce n'est pas conforme à l'amour que l'on doit porter à ses parents, mais toujours est il que
j'oublie.
10h45, ma mère m'appelle. oups ! Je lui dis que j'ai un client dans un quart d'heure et elle me répond
"Oui, moi j'ai la kiné qui vient me voir à 13h. Nous avons le temps."
Glups ! Elle ne le fait même pas exprès. Je le sais. C'est elle, toute entière, toute elle même, plongée dans son égoïsme, dans sa vie qui tourne autour d'elle, elle comme centre d'un univers
dans lequel je me demande quelle place je peux avoir.
J'avais des choses à lui dire et je n'ai rien dit. J'ai parlé de la pluie du beau temps, pas de ce que je devais lui dire, et surtout pas de ce que je pensais de sa communication, du mal qu'elle
me fait, de la douleur et de la peine que je ressens..
J'ai lachement laisser couler cette conversation, vers la non communication, vers ce que je déteste, vers ce qui me fait souffrir..
En suis-je responsable ? Oui, dans la mesure où cela me fait souffrir, non parce qu'il est devenu inutile de remuer les certitudes de quelqu'un qui n'a jamais remis en cause depuis 82 ans ce
qu'elle devait penser et ce que la vie était réellement en dehors de la croyance de l'au de là.
Mercredi 20 mai 2009
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