Du coup, la mère n'a pas d'autre moyen pour avoir des nouvelles de ma soeur que de me téléphoner.. Dur ! Vraiment dur. Parce que la voilà, en grand
questionnement, tentant de me transformer en boule de cristal, c'est à dire cherchant à savoir ce que pense ma soeur, ce que pense mon beau-frère, ce que pense le poisson rouge .....
Je ne peux donc pas la renseigner car comment penser à la place des autres ?
Voilà pour le décor.
Ma soeur est venue quelques jours chez moi pour se ressourcer, prendre de la distance par rapport à son problème. La mère l'a appris et m'a aussitôt
téléphoné après le départ de ma soeur de chez moi :
"J'aimerais vraiment avoir des nouvelles de ta soeur.. Comment va t elle ? Elle m'interdit de téléphoner... C'est dur, tu sais .. "
Bon, je culpabilise bien sur.. La pauvre mère sans nouvelle de sa fille ! Je discute, discute et lui suggère de lui téléphoner sans prendre de nouvelles sur
l'éventuelle séparation et divorce possibles.
" Ah ? Mais de quoi je vais parler alors ?"
Bonne question ! De la pluie, du beau temps, berck ! La mère est détestable sur ce sujet puisqu'elle le transforme en "moi, quand j'étais petite..." partant
alors dans une suite sans fin d'anecdotes connues et rabâchées...
Je prends mon élan et lui suggère :
"Tu peux par exemple lui parler de l'ensemble qu'elle vient de s'acheter.. Un super ensemble en simili cuir qui lui va très bien."
Là, je passe sur la définition de l'ensemble en simili cuir qui a bien pris 10 minutes et sur l'intérêt d'avoir une telle conversation qui a pris 10 autre
minutes.
Je raccroche, persuadée avoir jouer un rôle pédagogique, permettant aux deux parties, la mère et ma soeur, de se parler sans que l'une fonce vers la colère et
l'autre vers l'incompréhension.
Mais voilà. C'était oublier l'interprétation que le simple fait de suggérer un sujet de conversation pouvait avoir sur la mère !
La mère donc, forte de ce renseignement que je crus utile, téléphone à ma soeur et lui dit (texto, je n'invente rien !)
"Tu sais ta soeur m'a dit que tu t'étais acheté un bel ensemble. C'est inquiétant ! Elle est jalouse. Mais pourquoi cette jalousie ! "
MDR ! et no coments !
Trop forte la mère.
Je n'avais pas pensé qu'elle pouvait interpréter mon aide comme une confidence sur mes supposés états d'âme !
Bref, ça nous a permis, à ma soeur et moi, d'éclater de rire.
La mère sera toujours la mère.
PS : Ma mère est morte en novembre 2010, un peu plus d'un an après le récit de cette anecdote. Ma mère sera toujours ma mère, c'est vrai. Elle était
ainsi et elle me manque !