En continuant à faire mon parcours, en m'imaginant là et ailleurs, en repérant des coins que je juge incontournables, en plaçant sur une carte muette des villes dont j'ignorais l'existence ou même que j'écrivais avec des fautes, je me rends compte que c'est bien jubilatoire d'y penser et que cette organisation est un vrai plaisir, un bonheur pur dont la fin est le début et le départ.

Si je pense à partir, alors j'ai une envie de le faire, une motivation à le faire. La légende sur le net, ces exceptions qui créent la règle, ce sont ces gens qui partent avec juste leur brosse à dents, prennent un billet sur un coup de tête et globetrotterise des mois et des mois, toujours sourire aux lèvres.

Rêve d'ailleurs

Un tour du monde ça se prépare, six mois, un an, deux ans avant. Mais ça se pense plus longtemps sans doute. Tous ceux qui sont partis et revenus, tous ceux qui sont en train de tourner (j'aime cette idée : tourner autour du monde avec lui...) disent que les préparatifs sont énormes et souvent lourds.

C'est évident, car ces préparatifs se pensent côté présence et côté absence.

Côté présence, c'est le tracé d'un itinéraire, les billets, les visas, les bagages. La partie la plus joyeuse en somme, puisque c'est celle du voyage. 

La partie absence, c'est une longue série d'actions extrêmement terre à terre, bien pensées, très organisées, comme, outre celle de disponibilité financière, les questions d'impôts, de banque, d'emploi, de procuration, de visites médicales, de logement ... Tout ce qui, en somme, fait partie de ce qui nous pèse tant au quotidien; ce côté administratif de notre vie en train-train répétitif.

Alors, dans tout ça, la motivation à partir ?

Elle est de deux ordres : fuir - découvrir.

Si on a envie de faire le tour du monde pour fuir presque uniquement ce qui pèse, alors c'est fuir en arrière, car revenir voudra dire tout retrouver. On aura fait le tour du monde pour oublier et les problèmes anciens reviendront à la charge plus vite et plus lourds.

C'est par exemple le "j'en ai marre de ce cadre de vie de gens qui pensent seulement à leur carrière, à gagner plus". Au retour, ces mêmes gens seront toujours là et nous agaceront encore plus, parce que ce que l'on aura vu et vécu sera encore plus en décalage de ces autres que l'on fuit. 

Fuir en avant, serait alors partir pour créer notre façon de vivre, celle dont on rêve, faire une parenthèse de ce que l'on fuit, en prenant dès lors conscience qu'au retour il y aura encore et encore ce qu'il nous a fait tant plaisir de quitter.

J'ai envie de voir cela, alors j'y vais. Je m'y plais alors je reste. Je n'aime pas, alors je repars. L'itinéraire est alors un appui, un guide. Il n'est pas contrainte. Il est donc pratiquement incompatible avec les billets TDM qui enferment le rêve dans une réalité commerciale.L'absence est une parenthèse et non une réelle fuite, à la mode de l'autruche.

Fuir en avant c'est se donner la priorité à la découverte parce qu'on a réglé le problème de la fuite. 

Car je suis sincèrement persuadée que dans le rêve du TDM, il a la fuite de quelque chose, plus ou moins présente, plus ou moins consciente, sur laquelle il est nécessaire de réfléchir pour se poser les vraies questions.

Pour ma part, la découverte, l'ailleurs, est ma motivation profonde. Mais il ne me déplait pas et je m'éclate presque à penser que je ne vais plus avoir ce train-train administratif qui règle mes semaines, mes trimestres et mes années.

Il y a la saison des obligations comme il a la saison des fruits et légumes...

En réfléchissant à tout ça, à tout ce que le TDM me permettra de ne pas avoir à faire, je comprends qu'il faut que j'opte pour un voyage au tour du monde, sans contraintes administratives pré organisées, sans contraintes d'avion à prendre à dates fixées.

Je vais partir. C'est sur, certain. J'attends juste d'engranger encore quelques trimestres et atteindre le max de ce que je peux pour une pension qui correspond au minimum que je me suis fixée.

Je vais partir en décidant le sens, le premier voyage et après, je me fixe juste l'idée de me supprimer ces contraintes de temps et de lieu que je retrouverais bien à mon retour.

Je vais juste en attendant de penser aux autres actions à mettre en place, poursuivre mes rêves d'itinéraires pour faire comme la liste des lieux qui, sur le papier, interpellent mes sens.

Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 10:43

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