Vu l'état de l'hôtel et la fraîcheur de la chambre, c'est sans remords que nous le quittons rapidement après notre réveil.
Avant toute chose dédiée au programme, on récupère la voiture chez le loueur
Le but étant d'aller à Arad, ville située à quelques kilomètres de la mer Morte où j'ai réservé une chambre, pour ensuite voir le coucher du soleil à Massada.
Le trajet sur Maps devait prendre 2h. Nous mîmes 4h30 !
Quitter Tel Aviv fut assez long, mais cela ne justifie pas cet écart.
En fait, nous n'avons pas cessé de nous trompé de route. Le mode de signalisation y est pour beaucoup, l'écriture de la langue pour un peu.
On trouve souvent ce genre de panneaux qui ne donnent que les directions à droite ou à gauche, vers une ville qui n'existent pas sur notre carte achetée en France. Pas d'indication ou alors manquée pour la route qui va tout droit.
Quand les bonnes indications existent, elles sont alors parfois sournoisement placées pour jouer à cache-cache.
La route n'a rien de surprenant et c'est même assez laid ou du moins sans grand intérêt, sans grand dépaysement.
Un seul village a retenu notre attention
et puis deux trois petits "trucs" amusants :
Trajet donc compliqué, si bien que j'ai fait un nombre impressionnant de demi-tours dont l'un nous ont valu une savoureuse anecdote.
Le demi-tour pour nous éviter d'entrer dans la bande de Gaza, destination aussi sotte que grenue, due à une bifurcation manquée ne fut que le prémisse de la bourde suivante que voici:
Après Ramat, la route vers Arad, ville de notre prochaine nuit, était enfin toute tracée, toute droite, sans changement de route à chercher. Un truc si facile qu'après tous ces demis-tours, nous avons papoté, délaissant le regard sur la carte, la surveillance des panneaux, l'attention aux carrefours.
Nous étions donc tout à notre bavardage quand surgit de nulle part une guérite au milieu de la double voie. En bonnes habitantes de pays libres, on se dit : "Tiens une route à péage !"
On s'avance jusqu'au bonhomme uniformé et kalachnikové, qui, sans se lever, nous fait signe de passer.
On passe, légèrement interloquées. On poursuit la route sur 100m où un maginifique panneau indique que nous prenons la direction de "TENE".
C'est la première fois que le nom de cette ville nous est signalée. On s'arrête donc sur le bas côté et on scrute sur la carte à la recherche de la localisation de TENE.
- C'est là !
Oups oui, c'est bien là ... en territoires palestiniens.
Zut on a passé un check point !
Demi-tour !
Et la bouche en coeur, on se représente au petit monsieur uniformé et kalachnikové sous les yeux duquel, on vient de faire demi-tour.
- Passeports.
Et la suite se devine... Mis à l'écart de la route, nous avons descendu tous les bagages de la voiture et eux, comme elle, comme nous, nous avons été scruté, fouillé, scanné sans un mot, sans un sourire.
J'avais du mal à contenir le fou rire nerveux qui jaillit toujours chez moi, lorsque l'émotion est trop violoente. Et, en reprenant nos valises, nos passeports et la voiture, ma fille comme moi, nous avons éclaté de rire, avant de se faire partager une crainte qui nous a, à toutes les deux, traverser l'esprit : et si le loueur de voiture avait placé quelque chose dans un endroit non visible de la voiture ?
Nous n'étions pas au bout de nos peines, mais ne le savions pas encore ...
Arad ! Enfin !
Première préoccupation : manger !
Tous les prix sont un tout petit plus élevés qu'en France. Les repas dans les petites boutiques ne dérogent pas à cette règle. Nous mangeons dans le centre commercial une pizza avant de nous mettre en quête de l'hôtel.
Là, je dois dire que j'ai fait une bourde. Je n'ai pas repéré avant l'emplacement de l'hôtel contrairement à mes habitudes.
Un chauffeur de taxi nous indique qu'il faut prendre à gauche quand on voit les deux antennes, puis prendre la 6ème rue à gauche.
On fait.
Mais on n'a pas du prendre la bonne rue à gauche parce que nous ne tardons pas à tourner en rond sans comprendre dans le quartier résidentiel de la ville. Tiens, deux petites vieilles... ça connait les rues ces gens là, c'est sur !
L'une des femmes interrogées, qui doit connaitre une vingtaine de mots anglais, après avoir lu l'adresse de notre hôtel et réfléchis intensément sans succès, se met à parler au téléphone avec quelqu'un. Ce qu'il demande se devine et on devine également que son interlocuteur ne connait pas plus l'emplacement de la rue.
La petite dame, prenant notre problème très à coeur, nous invite chez elle. Nous comprenons tout ça avec à peine deux mots d'anglais ! Elle monte dans la voiture et nous invite dans son pavillon. Pendant que nous dégustons une part de gâteau au citron, accompagnée d'une tasse de thé, elle se met à chercher un plan de la ville.
Elle trouve la rue et nous désigne un endroit relativement éloigné de là où on fait cette pause si agréable. Une rue surtout que l'on devine extrêmement difficile à situer sans parler.
Puis elle retourne à son téléphone portable et explique en anglais : ma fille, états unis. Elle se met à parler puis nous passe le téléphone. Effectivement c'est sa fille qui habite Boston et qui nous dit que le plus simple est que sa mère fasse le trajet avec nous en voiture. Bien sur, nous la raccompagnerons ensuite !
Pas facile de suivre les "à droite" "à gauche", "tout droit" en hébreu, avec le geste minimum, mais c'est presque sans demi-tours (deux seulement) que nous parvenons enfin à la porte de notre hôtel, qui je dois dire n'a strictement rien à voir avec celui de la veille.
Une merveille. Un petit studio avec terrasse commune face aux montagnes pelées.
C'est beau !
Notre projet d'aller à Massada tombe à l'eau (c'est le cas de le dire) car le sabbat à commencer et le site ferme à 16h, c'est à dire dans à peine une heure, quand la nuit sera en train de tomber.
Nous décidons d'aller voir la mer Morte et d'y diner.
Massada, c'est pour demain, au lever du soleil !
Mai 2012
Je vous fais partager cette composition hebdomadaire pour le plaisir des yeux !
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MdR il commence bien le voyage.
à suivre...
Moi j'aime beaucoup la dame qui téléphone à sa fille à Boston, on dirait le sketche de Fernand Raynaud avec son "22 à asnières" ! lol
quel périple! je n'ai pasconnu ça, y étant allée en voyage organisé!