Il y a des étourderies qui s'appellent des bourdes.
Certaines bourdes sont publiques, le monde autour en est témoin où on aurait envie alors de rentrer six pieds sous terre, faire oublier qu'on existe et surtout qu'on a existé, au mauvais
moment, au mauvais endroit.
Et puis, il y a les autres, celles dont on est seul témoin et qui finissent par nous faire rire de nous même.
C'est dans cette dernière catégorie que je rentrerais celle qui m'est arrivée.
Une bourde n'a pas de conséquences particulières si ce n'est la honte que l'on peut ressentir. Et la honte c'est de la colère, un des 5 sentiments universels.
Voilà, cette semaine en faisant mes courses, je me suis prise l'envie de m'acheter une bouteille de vin. Une envie qui passait par là, plus liée à une morosité ambiante qu'à un réel plaisir
gustatif. Mon choix s'est donc porté sur un vin pas cher, un vin quelconque dont je n'attendais rien de plus que le goût de l'alcool. J'ajoutais à mon panier un bonne petite viande et revenais
chez moi, tout au plaisir futur de lier vin et viande un soir de morosité.
J'ai donc rangé la bouteille dans un coin de mon placard dans lequel je stocke également d'autres vins, achetés ici et là, dans des endroits réputés pour offrir un vrai plaisir aux papilles en
fête.
La suite se devine aisément parce que le jour où j'ai voulu me prendre ma bouteille pas cher, j'ai évidemment pris une très bonne bouteille qui attendait plaisir et convivialité.
Le pire du pire est que je n'ai pas lu l'étiquette, certaine que le vin que j'ouvrais était bien celui que j'avais choisi en regardant non pas l'étiquette du vin, de sa région ni l'appellation,
mais l'étiquette du prix.
Le pire est que je ne m'en suis aperçue qu'au troisième verre. Je me disais que ce vin de faible prix n'était pas mauvais du tout et hip ! avant de me resservir une petite rasade .. hip ! j'ai
regardé l'étiquette pour la première fois.
Là, scotchée sur ce que je lisais, n'en revenant pas et stupéfaite de ma bourde, je suis partie à rire toute seule.
J'ai fini mon grand cru millésimé, en riant, encore sous le choc de m'offrir un plaisir, toute seule, face à moi même et à mon étourderie légendaire.
Pas grave, me reste la bouteille à bas prix que je vais essayer de ne pas confondre avec une bouteille chère parce que là, ma bourde rentrerait dans la première catégorie des bourdes, celles où
on aimerait ne pas avoir existé.
Mardi 1 décembre 2009
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