En ces périodes de fêtes, c'est toujours intéressant de faire le point de son mode de consommation question nourriture. Les fêtes sont l'occasion de partager un bon moment, autour d'un repas mais ce bon moment ne peut balayer 364 jours de consommation responsable.

J'ai ajouté, depuis un ou deux ans, des valeurs éthiques concernant mon alimentation de poissons et de viande, à mes valeurs fondamentales.

Sans devenir complètement  végétarienne, à cause du goût que j'ai, par éducation sans doute, de la viande, il y a des interdits que je m'impose parce qu'ils pèsent beaucoup trop fortement sur ce que je défends : la préservation de la planète et le respect des animaux. Je tente alors d'avoir une consommation responsable de ce que je mets dans mon assiette.

Pour une consommation responsable des poissons

Là, j'ai deux critères

1. les espèces menacées d'extinction et les techniques de pêches non sélectives qui permettent des captures accidentelles d'autres animaux marins, la mort des poissons à faible valeur marchande pêchés par hasard, la destruction des fonds marins.

On suppose qu'avant 2050, il n'y aura plus de poissons consommables...

Pour cela, je suis le petit guide que l'on trouve le site WWF, et que je reproduis  :

poissons-consommation-responsable.JPG

poissons-2-consommation-responsable.JPG

2. le transport

Je n'achète aucun poisson qui vient par avion, car on sait que le transport par avion rejette beaucoup trop de CO2 (300 fois plus que le train par exemple).

Donc, pour les fêtes, je ne mangerai pas de sole, de thon rouge, de dorade et pas de saumon de l'Atlantique et tous ceux qui viennent par avion.

 

Pour une consommation responsable de la viande

Là encore j'ai deux critères

1. un critère environnemental

L'élevage est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre, de la consommation d'eau excessive (il faut 100 000 litres d'eau pour produire 1 kg de viande de boeuf, alors que 1 000 à 2000 litres suffisent pour produire 1 kg de blé, riz ou soja.), de l'utilisation excessive d'engrais et de pesticides.

L'élevage joue un rôle de premier plan dans la déforestation, (pour nourrir une consommation de protéines animales pendant 1 an, il faut 2 ha de terre contre 0,16 ha pour une consommation de protéines végétales.), dans l'érosion des sols et la dégradation des eaux.

2. un critère altruiste

Certains élevages donnent des conditions de vie désastreuses aux animaux.  

Ce n'est pas évident pour les gros animaux, car nous n'avons pas encore de traçabilité acceptable sur les produits. Le label "viande française" ne veut rien dire. Seul celui de "viande bio" peut indiquer ce que je recherche, c'est à dire une pratique d'élevage responsable. 

Donc, pas de poules, de poulets et d'oeufs, hors indication "en plein air" ou "élevage bio", car il est exclu pour moi de manger cet animal ou son produit élevé en batterie. 

poulet-fermier.jpg

Pas de consommation de foie gras à cause des pratiques d'élevage qui s'y rattachent :

gavage.jpg

- tri des canetons mâles et broyage des canetons femelles (le foie gras ne vient que du foie des oies mâles),

- gavage qui consiste à administrer de force à l’aide d’un tuyau enfoncé de la gorge à l’estomac de l’animal des aliments en grande quantité, très énergétiques .

Pas de chapon, car pour avoir un chapon, il faut émasculer le coq. Cette intervention est faite à vif afin d'obtenir un meilleur goût et une chaire plus tendre. Comme les testicules des oiseaux se trouvent à l'intérieur du corps, il faut donc les retirer à l'aide d'une pince après avoir percé 2 entailles de part et d'autre de l'animal. Pas de poulardes, puisque c'est le même type d'opération (on ôte les ovaires).

chapon.jpg

 

Consommer responsable pour moi, c'est prendre conscience que je ne mets plus n'importe quoi dans mon assiette. Pas n'importe quel animal, quel qu'il soit !

Pendant les fêtes, la pratique est encore plus difficile, car, si on est invités, si on n'est pas maître du menu, il faut adopter une attitude de refus qui n'est pas forcément bien perçue. Rejeter un plat passe  malheureusement souvent pour rejeter la personne qui l'a fait.

Je le comprends d'autant plus que je n'aime pas les végétariens qui culpabilisent les autres, qui imposent leur choix, qui empêchent les autres de tourner en rond en criant haut et fort qu'ils ne mangent pas de viande sans en expliquer ouvertement les raisons éthiques, comme s'il y avait le camp des odieux carnivores contre le camp des gentils mangeurs de pois chiche.

J'aimerais que ce soit un choix pensé et réfléchi, qu'il ne blesse personne et n'empêche pas la convivialité des assiettes partagées.

Mais, c'est vrai que je ne vois pas acceptant de manger l'animal en voie de disparition, ou l'animal qui a souffert. Ça c'est bien mon critère premier que je revendique.

Je sais que pour l'environnement, ce n'est pas un écart d'un jour qui aggravera le danger couru par la planète, même si un geste reste un geste, comme un sou est un sou.  Mais je sais qu'un écart d'un jour aura causé la mort d'un animal qui a été maltraité ou qui est en voie d'extinction.

Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 11:59

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