Avant de poursuivre mes articles sur les animaux, je me suis penchée sur la différenciation que l'on fait entre bien être de l'animal et respect de l'animal par la reconnaissance de ses droits. Les deux termes font appel à deux idéologies différentes même si chacun met l'animal au centre de sa notion.
Le traitement des animaux fait depuis longtemps l’objet de débats car si on parle plus facilement de bien-être, le sujet des droits reste très controversé.
Le grand public s’intéresse
maintenant à cette question et exerce une pression de plus en plus forte sur les personnes qui utilisent les animaux, afin qu’elles modifient leurs comportements, et sur les responsables
politiques, pour qu’ils adoptent de nouvelles lois.
Cette question de bien-être est abordée à travers différentes directives qui règlent les élevages et les autres activités humaines touchant les animaux. Le bien-être est alors défini en termes d'équilibre entre les besoins de l'animal et les contraintes technico-économiques des hommes.
On va alors se pencher sur la moralité des actions à entreprendre vis à vis de l'animal, sans jamais aborder le statut juridique de l'animal lui même.
En Europe, l'article 13 du Traité du fonctionnement de l'Europe issu du Traité de Lisbonne de 2009, dispose que: "Lorsqu'ils formulent et mettent en œuvre la politique de l'Union dans les domaines de l'agriculture, de la pêche, des transports, du marché intérieur, de la recherche et développement technologique et de l'espace, l'Union et les États membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu'êtres sensibles, tout en respectant les dispositions législatives ou administratives et les usages des États membres en matière notamment de rites religieux, de traditions culturelles et de patrimoines régionaux."
Suivent alors plusieurs directives européennes concernant
- Les animaux d'élevage en général et en particulier : les veaux, les porcs, les poules.
- Le transport et l'abattage des animaux
- La Fourrure de chien et de chat
Où est le bien-être de l'animal là dedans puisque l'on parle d'interdiction d'élevage en vue de production de fourrures, d'interdiction d'exportation et d'importation tout en fixant une dérogation à des fins éducatives ou taxidermiques ????
- Les Animaux sauvages dans un environnement zoologique.
- La Protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou scientifiques
Où est le bien-être là dedans puisqu'il existe des méthodes alternatives tout à fait scientifiques et qu'au seul nom du bien-être, le fait de reconnaître la capacité de l'animal à souffrir et angoisser, devrait suffire à en imposer l'interdiction ????
Mais en tout cas, ça fait un paquet de directives européennes !!!
Toujours dans le cadre du bien-être animal, on va reconnaître des besoins aux animaux mais qui, sans réelles réactions juridiques, ne peuvent véritablement pas entraîner les droits des animaux
- Absence de faim, de soif ou de malnutrition, c'est à dire le droit d’accéder librement à de l’eau et à de la nourriture saines pour le maintien d’un
bon niveau de santé et de vigueur (Ah ?)
- Possibilité d’exprimer des comportements normaux, propres à chaque espèce, c'est à dire le droit à un environnement approprié aux besoins spécifiques.
Par exemple, les poules doivent pouvoir étendre leurs ailes, les bovins doivent pouvoir se coucher, les porcs doivent pouvoir fouir et se déplacer.
- Absence de douleur, lésion ou maladie. C'est le fait de prévenir, de prendre des mesures de prévention d'établir un diagnostic rapide, suivi du traitement approprié.
Alors comment comprendre que soit encore envisageable les tests sur les animaux ? À ce propos, voilà un pdf très intéressant, divulgué gratuitement sur la Toile : Le critère de la souffrance dans l'éthique animale anglo-saxonne de Jean-Baptiste Jangène Vilmer, chapitre 3 du livre "Douleur animale, douleur humaine", Édition Quae 2010 (qui, lui est hyper cher!).
- Absence de stress climatique ou physique.
- Absence de peur. C'est le droit de donner des conditions de vie et un traitement aux animaux qui leur évitent toute souffrance mentale.
Hé bé, l'a pas bonne place du tout, la France dans cette histoire de bien-être animal !
Les rapports des autorités européennes sur le sujet se suivent et, hélas, se ressemblent. La France est de nouveau épinglée par la Commission européenne pour mauvaise application de la réglementation sur le bien-être animal (site de L214). Les dispositifs de contrôle sont défaillants, les constats rarement suivis d'effets.
70% des poules pondeuses (37 millions) attendent leur cage aménagée qui, de toute façon ne leur permettra pas d'entendre leurs ailes.
96% des porcs vivent en surpopulation, continuent à être mutilés (queue et dents), sont bourrés d'antibiotiques et n'ont pas de matériaux à manipuler (Le post, Et si on montrait la réalité de l'élevage porcin) .
Ainsi, pour tous les pays membres de l’Union, le droit positif édicte que l’animal est un être sensible devant être sauvegardé et préservé de la cruauté et des violences, sauf ce qui a trait à l’élevage intensif, aux abattages rituels, à l’expérimentation, à la chasse, et aux traditions culturelles.
1948 : Déclaration universelle des droits de l'homme votée par l'Organisation des Nations Unies.
1959 : Déclaration des droits de l'enfant, votée par l'Organisation des Nations unies.
1978 : Déclaration Universelle des Droits de l'animal proclamée le 15 octobre 1978, à la Maison de l'Unesco (10 articles)
Plus simplement et plus modérément, la Fédération des Droits de l'Animal (LFDA) fixe 4 droits fondamentaux, qui devraient garantir leur véritable bien être !
- le droit pour toute espèce de ne pas disparaître par la faute de l’homme ;
- le droit pour tous les animaux aptes à éprouver des émotions (sic) ou à ressentir la douleur de ne pas subir de souffrances évitables par la faute de l’homme ;
- le droit pour tout animal de ne pas être tué ou atteint dans son intégrité physique par l'homme, sans nécessité pour la vie, l'alimentation et la santé des hommes et des animaux ;
- le droit pour tous les animaux tenus sous la dépendance de l’homme à un bien-être conforme à leurs impératifs biologiques et comportementaux spécifiques.
L'évolution du droit pour la protection des animaux s’appuie aujourd’hui sur une éthique fondée sur le respect de la sensibilité spécifique de l’animal apte à ressentir la douleur ou à éprouver des émotions - l’absence d’émotions négatives étant une composante majeure du bien-être. Cette éthique se base elle même sur le développement récent des connaissances impulsées par la neurobiologie et l’éthologie.
En effet, il fut un temps où l'on pensait que les animaux ne souffraient pas puisqu'ils ne parlaient pas (les nourrissons non plus ne parlent pas). Un autre temps où l'on a accordé aux animaux dits supérieurs (les primates puis l'ensemble des mammifères), la seule capacité à ressentir de la souffrance.
Aujourd'hui, la loi française accorde une sensibilité aux animaux domestiques, d’élevage ou de compagnie, ou captifs. L’animal sauvage n’étant pas un « bien » ne bénéficie pas du même degré de protection que l’animal sous la dépendance de l ‘Homme. Or, les études scientifiques montrent que tous les animaux ont une sensibilité, même si son degré varie suivant leur espèce.
En plus, aux réactions physiques s'ajoutent des capacités psychiques, qualités liées au cerveau, qui sont amorcées chez les insectes, se perfectionnent chez les vertébrés, en développant de plus en plus de neurones chez les primates, avec un maximum chez notre espèce.
L'animal exprime et endure différemment la douleur, selon l'espèce. Comment pourrait il en être autrement quand on connait pour l'homme l'énorme difficulté à évaluer la douleur des autres et la sienne, tant la subjectivité est importante dans la graduation.
En 2000, Un colloque, organisé par la Ligue française des droits de l'animal, a mis en relief l'aptitude à la souffrance d'invertébrés comme les céphalopodes (pieuvres), les crustacés, les insectes, ou les araignées.
Le droit de ne pas souffrir est sans doute le premier droit à accorder à tous les animaux. Quand aujourd'hui on parle d'une «probabilité de ressenti de la douleur» assez comparable, pour les mêmes mécanismes, entre les animaux et nous, il me semble logique de donner aux animaux le «bénéfice du doute» et supposer qu’ils souffrent, plutôt que de supposer qu’ils ne souffrent pas.
Le but d'attribuer des droits aux animaux est de leur reconnaître les conditions de leur bien-être.
Les droits des animaux existent pour fixer des limites au comportement humain. Si nous ne parvenons pas à définir des limites légales et claires au comportement des humains dans leur relation aux animaux, il ne sera pas possible d’entamer des procédures légales contre ceux qui les dépassent.
Mai 2012
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