À l'heure où j'écrivais l'article sur Le bien être des animaux et le droit des animaux , je me retrouvais confrontée à cette grande problématique de la reconnaissance de la sensibilité.
Ma sensibilité, en tant que patiente, sensibilité non reconnue par ceux qui me gérent ; comme si dans le droit du malade on avait oublié d'inclure ce droit à la sensibilité et au respect de mes pensées et de ma vie, au droit d'être avant tout un Homme avant d'être un malade.
Il semble, comme je le décrivais pour les animaux que parler de bien-être et de droit ne suffit pas à reconnaître les besoins de celui que l'on défend.
Voici les deux histoires personnelles qui sont à l'origine de la réaction présente.
À la suite de l'opération lourde que j'ai subie (voir mes articles séjour à l'hôpital et HAD), j'ai donc bénéficié du service qui se répand de plus en plus : l'Hospitalisation à Domicile.
Depuis donc le 29 avril, me voilà suivie régulièrement à domicile par toute une série de professionnels, partie prenant de la batterie médicale et administrative qui va avec. Ce qui m'est arrivé devant occasionner des soins jusqu'a mi-aout, on m'avait pronostiqué la fin de l'HAD à mi-aout.
Hier, coup de téléphone.
- Bonjour. Je vous téléphone pour vous dire qu'aujourd'hui, l'HAD se termine. On viendra demain reprendre le matériel.
D'où vient la décision ? Du comité qui se réunit chaque semaine pour examiner les dossiers des patients.
Depuis quand cette décision a été prise ? Lundi. (Nous sommes mercredi)
Pour quelles raisons ? Je ne sais pas.
Mes soins sont toujours les mêmes et rien ne change du côté médical. Je redeviens juste un particulier qui fait appel à des services privés médicaux et administratifs.
Sans préavis et avis circonstancié, je suis jetée de l'HAD.
Que je sorte de l'HAD n'est pas en soi une mauvaise nouvelle. Ce qui me fait réagir est cette absence totale de prise de conscience que le patient est un être vivant, un être sensible, un être digne d'avoir des émotions.
Contrairement aux animaux, je sais parler et on aurait très bien pu me téléphoner avant la réunion et me dire : "Nous avons besoin de places et nous pensons que vous arriverez à vous gérer toute seule. En réunion, nous allons proposer que vous sortiez de l'HAD. Cela vous ennuie-t-il?"
Toutes les semaines, j'ai rendez vous avec le chirurgien qui m'a opérée le 28 avril à l'hôpital public.
Toutes les semaines, le vendredi à 14h, j'arrive aux services des "pansements".
Hier, on m'annonce "Le chirurgien est entré au bloc opératoire. Il y a au moins 2 heures d'attente."
Certes... certes. Les infirmières n'ont rien à voir dans ce retard.
Certes.. certes. Le chirurgien appartenant à un service public a l'obligation d'opérer au moment où on le lui demande.
Certes.. certes. Je suis un patient. Mais je ne suis pas que ça. Là encore, je revendique, haut et fort, ma sensibilité et le respect de ma propre vie, de ma dignité sensible.
J'ai donc demandé à ce que l'on fasse mes pansements sans bénéficier du coup d'oeil hebdomadaire du chirurgien et quand, je suis sortie de salle de pansements vers 14h45, il y avait déjà 6 personnes assises dans la salle d'attente.
6 patients qui patientaient.
Patient = celui qui souffre, qui endure.
Qui endure quoi ?
Le malade devient un patient, c'est à dire une personne qui souffre, qui endure.
Le droit des malades a été entériné par la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé.(5 Titres, 127 Articles !)
Cette loi reconnait la dignité humaine en tant que droit des malades.
En droit français, la dignité humaine est un principe à valeur constitutionnelle, considéré comme partie intégrante des droits de la personnalité, qui sont inaliénables.
Mais c'est une notion fourre-tout qui permet à certains de faire passer les intérêts économiques et technologiques, comme pour l'animal, avant les intérêts de l'être vivant.
Parler des animaux ne me retire pas la possibilité de parler des hommes, bien au contraire. Le combat pour la défense des uns rejoint le combat pour la défense des autres.
Si je défends le droit à ma dignité, je la défends bien en tant qu'être vivant et pas uniquement en tant qu'être humain.
Autant qu'un animal, je revendique le respect de mes besoins.
Besoin d'être informé, certes. Besoin de savoir, certes. Besoin de liberté. Besoin de respect de ce que je suis hors de mon statut de malade.
Le simple droit de rester un Homme en devenant un malade.
Mai 2012
Je vous fais partager cette composition hebdomadaire pour le plaisir des yeux !
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Merci ! un bel article ;-)
-Denis-
Merci à toi aussi ! Un coup de g.. de temps en temps, ça fait vraiment du bien !
je crois qu'il faut le dire et le redire jusqu'à ce que tous les aspects de la dignité humaine soient vraiment reconnus
Oh ! Merci !!! Et oui il faut le dire bien haut, bien fort !
Oui un article qui mérite d'être lu par tout le monde ! Des mots simples pour décrire un système trop compliqué et un ressenti face à la maladie trop méprisé ! Bravo pour ce coup de geule.
Merci !!!