À l'heure où j'écrivais l'article sur  Le bien être des animaux et le droit des animaux , je me retrouvais confrontée à cette grande problématique de la reconnaissance de la sensibilité. 

Ma sensibilité, en tant que patiente, sensibilité non reconnue par ceux qui me gérent ; comme si dans le droit du malade on avait oublié d'inclure ce droit à la sensibilité et au respect de mes pensées et de ma vie, au droit d'être avant tout un Homme avant d'être un malade.

Il semble, comme je le décrivais pour les animaux que parler de bien-être et de droit ne suffit pas à reconnaître les besoins de celui que l'on défend. 

Voici les deux histoires personnelles qui sont à l'origine de la réaction présente. 

1. L'administration face aux patients

had.jpg

À la suite de l'opération lourde que j'ai subie (voir mes articles séjour à l'hôpital et HAD), j'ai donc bénéficié du service qui se répand de plus en plus : l'Hospitalisation à Domicile.

Depuis donc le 29 avril, me voilà suivie régulièrement à domicile par toute une série de professionnels, partie prenant de la batterie médicale et administrative qui va avec. Ce qui m'est arrivé devant occasionner des soins jusqu'a mi-aout, on m'avait pronostiqué la fin de l'HAD à mi-aout.

Hier, coup de téléphone.

- Bonjour. Je vous téléphone pour vous dire qu'aujourd'hui, l'HAD se termine. On viendra demain reprendre le matériel.

D'où vient la décision ? Du comité qui se réunit chaque semaine pour examiner les dossiers des patients.

Depuis quand cette décision a été prise ? Lundi. (Nous sommes mercredi)

Pour quelles raisons ? Je ne sais pas.

Mes soins sont toujours les mêmes et rien ne change du côté médical. Je redeviens juste un particulier qui fait appel à des services privés médicaux et administratifs. 

Sans préavis et avis circonstancié, je suis jetée de l'HAD.

Que je sorte de l'HAD n'est pas en soi une mauvaise nouvelle. Ce qui me fait réagir est cette absence totale de prise de conscience que le patient est un être vivant, un être sensible, un être digne d'avoir des émotions.

Contrairement aux animaux, je sais parler et on aurait très bien pu me téléphoner avant la réunion et me dire : "Nous avons besoin de places et nous pensons que vous arriverez à vous gérer toute seule. En réunion, nous allons proposer que vous sortiez de l'HAD. Cela vous ennuie-t-il?"

2. L'hôpital face aux malades

salle-d-attente-hopital.jpg

Toutes les semaines, j'ai rendez vous avec le chirurgien qui m'a opérée le 28 avril à l'hôpital public.

Toutes les semaines, le vendredi à 14h, j'arrive aux services des "pansements".

Hier, on m'annonce "Le chirurgien est entré au bloc opératoire. Il y a au moins 2 heures d'attente."

Certes... certes. Les infirmières n'ont rien à voir dans ce retard.

Certes.. certes. Le chirurgien appartenant à un service public a l'obligation d'opérer au moment où on le lui demande.

Certes.. certes. Je suis un patient. Mais je ne suis pas que ça. Là encore, je revendique, haut et fort, ma sensibilité et le respect de ma propre vie, de ma dignité sensible. 

J'ai donc demandé à ce que l'on fasse mes pansements sans bénéficier du coup d'oeil hebdomadaire du chirurgien et quand, je suis sortie de salle de pansements vers 14h45, il y avait déjà 6 personnes assises dans la salle d'attente.

6 patients qui patientaient.

Patient = celui qui souffre, qui endure.

Qui endure quoi ?

Les droits des malades

dignite-humaine.jpg

Le malade devient un patient, c'est à dire une personne qui souffre, qui endure.

Le droit des malades a été entériné par la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé.(5 Titres, 127 Articles !)

Cette loi reconnait la dignité humaine en tant que droit des malades.

En droit français, la dignité humaine est un principe à valeur constitutionnelle, considéré comme partie intégrante des droits de la personnalité, qui sont inaliénables.

Mais c'est une notion fourre-tout qui permet à certains de faire passer les intérêts économiques et technologiques, comme pour l'animal, avant les intérêts de l'être vivant.

Parler des animaux ne me retire pas la possibilité de parler des hommes, bien au contraire. Le combat pour la défense des uns rejoint le combat pour la défense des autres.

Si je défends le droit à ma dignité, je la défends bien en tant qu'être vivant et pas uniquement en tant qu'être humain.

Autant qu'un animal, je revendique le respect de mes besoins.

Besoin d'être informé, certes. Besoin de savoir, certes. Besoin de liberté. Besoin de respect de ce que je suis hors de mon statut de malade.

Le simple droit de rester un Homme en devenant un malade.

Samedi 25 juin 2011 6 25 /06 /Juin /2011 13:38

Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Merci ! un bel article ;-)

-Denis-

Commentaire n°1 posté par Denis Gohin le 25/06/2011 à 19h14

Merci à toi aussi  ! Un coup de g.. de temps en temps, ça fait vraiment du bien !

Réponse de Mareult le 25/06/2011 à 19h25

je crois qu'il faut le dire et le redire  jusqu'à ce que tous les aspects de la dignité humaine soient vraiment reconnus

Commentaire n°2 posté par claire le 26/06/2011 à 22h36

Oh ! Merci !!! Et oui il faut le dire bien haut, bien fort !

Réponse de Mareult le 27/06/2011 à 10h18

Oui un article qui mérite d'être lu par tout le monde ! Des mots simples pour décrire un système trop compliqué et un ressenti face à la maladie trop méprisé ! Bravo pour ce coup de geule.   

Commentaire n°3 posté par vero le 27/06/2011 à 19h09

Merci !!!

Réponse de Mareult le 27/06/2011 à 20h08

Bouquet de fleurs

Mai 2012  

mai 2012

 

Je vous fais partager cette composition hebdomadaire pour le plaisir des yeux !

Les autres compostions de fleurs

Le chat

Suivre le tuto pour adopter le chat :  "module widget"

Albums photos

Amis à 4 pattes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir Lady, ma chienne - Fizz, ma chatte - Ramsès, l'âne

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés