L'histoire de la peau de banane, vous connaissez ?
Vous savez celle que quelqu'un a abandonnée sur le trottoir, un peu avant que vous passiez, vous, en tant que simple passant insouciant et confiant, marchant absorbé par vos pensées, nez en l'air simplement ou regardant droit devant vous, persuadé que depuis le temps que vous savez marcher, il est nul besoin de vérifier si vos pieds suivent votre intention... Et puis, l'inévitable arrive. il y a une peau banane sur le trottoir et elle pour vous... pour votre pied qui ... glisse. Vous battez l'air de vos bras, et sans pouvoir vous rattraper à la manche d'un ami secourable, vous vous étalez de tout votre long sur le trottoir. La dizaine de passants qui n'attendaient que votre vol plané raté, sont là à se tordre de rire et vous, vous repartez honteux et confus, jurant mais un peu tard qu'on ne vous y prendrait plus....
C'est tout à fait le genre de situation que l'on aimerait tant n'avoir jamais vécue mais que nous rencontrons quelques rares fois mémorables. C'est vrai que les peaux de banane font plus partie des scénarii des bandes dessinées, mais, sous diverses formes, nous les rencontrons bien un jour, ces peaux de banane abandonnées, spécialement déposées pour nous faire choir.
L'image de la peau de banane est ici une simple image et fait référence à un objet fort répandu sur nos trottoirs citadins : les plaques d'égout ou toutes plaques en fonte, qui, les jours de pluie se transforment en savonnette ou piste de danse hip-hop.
Et, les plaques d'égout, il y en a 4 dans ma rue, pourtant courte et petite puisque ma rue n'a que 10 numéros. Et, même si elles sont voyantes et nombreuses, j'ai une furieuse tendance à oublier leur existence ou à croire que mon équilibre est une attitude acquise depuis ......... oups ! que je sais marcher !
Avant hier, je marchais rapidement à cause de la pluie, pressée de rentrer chez moi et, glissant sur la plaque trempée, je me suis retrouvée face contre terre, après avoir effectué ce si joli vol plané de l'humain incapable de voler.
Quand on dit plus de peur que de mal, on devrait dire plus de honte que de mal... car mal, non, je ne m'étais rien fait, mais honte ! didiou ! oui... C'est à y réfléchir complètement idiot ! Pourquoi la honte est elle liée à ce genre de situation ? Certes, je n'ai pas fait attention à l'endroit où je posais mes pieds, j'ai oublié les précieux conseils de ma mère "Mais regarde où tu marches!" et je n'ai eu que ce que je méritais. J'ai perdu la face, en somme.
Je me suis remise debout, extrêmement soulagée de constater qu'il n'y avait personne dans ma rue.. aucune voiture, pas un seul passant qui passait, pas un seul voisin à sa fenêtre (vue la pluie, cela ne m'étonne pas... mais bon, pour une raison ou pour une autre, un voisin aurait pu avoir l'idée aussi sotte que grenue de se pencher à la fenêtre pour admirer mon saut arrière raté !) quand, tout encore énervée par l'incident j'ai assisté, devant moi, et malgré moi, à quelqu'un qui essayait comme moi, le vol plané de l'humain, sur la plaque d'égout suivante !
Elle s'est relevée, comme moi, se frottant les mains, l'air de dire "même pas mal !", tout en jetant un regard circulaire pour compter le nombre de citoyens présents.
J'étais là, devant elle, plantée comme une statue, encore tout étourdie de ma chute, et je n'ai pu m'empêcher d'aller au devant d'elle pour lui demander si elle
allait bien, lui narrant par le menu, l'incident que je venais de vivre, sans oser afficher le fou-rire intérieur qui montait comme une vague, malgré moi. Car, si pour moi, je n'avais pas ri, si
personne n'avait eu l'occasion de rire puisque personne n'était là, je n'ai pas échappé à la règle de la bande dessinée : la chute sur la peau de banane emporte l'hilarité des spectateurs
!
Nous avons devisés des plaques, contentes toutes les deux, d'avoir un bouc émissaire objet que l'on pouvait rendre responsable de notre perte de contrôle involontaire.
Cela dit, maintenant, en bon rat de laboratoire que j'ai toujours été, je marche en surveillant mes pas quand il pleut, preuve encore une fois que les conseils des
mamans sont de bons conseils !
Mai 2012
Je vous fais partager cette composition hebdomadaire pour le plaisir des yeux !
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