Quoi de plus merveilleux que de trouver l'opportunité de partir en octobre (même si partir en aout est encore partir de toute façon).
Quoi de plus réjouissant que de ne pas subir des températures de sauna et de retrouver notre été en octobre (même si en ce moment le soleil darde encore bien fort sur Lyon et sa périphérie française).
Quoi de plus sublime que de découvrir Marrakech en octobre (même si certains diront avec raison sans doute que mars est peut être mieux).
Quoi de plus agréable que de tomber amoureux de la ville où l'on débarque en octobre (même s'il est toujours possible de se considérer libre pour changer de lieu quand on aime pas un lieu de villégiature).
Pourtant, les conditions d'arrivée n'étaient pas franchement au rendez-vous, puisque le vol Lyon Marrakech nous faisait atterrir à plus de 22h et que je déteste arriver de nuit dans une ville étrangère inconnue.
J'ai l'impression que toutes les mésaventures vont me tomber sur la tête (après tout, je descends bien des gaulois!), et que je n'aurais aucun moyen, aucune idée pour m'en sortir. Bref, inutile de raisonner : je déteste ça.
Ma seule solution était, d'être bien sûre que le riad choisi, avait un service de taxi.
Chose faite !
Et rien n'est plus agréable que de débarquer après toutes les tracasseries des douanes (m'ont encore fait passer trois fois le portique, retirer mes chaussures, détester mon mini flacon de senteurs florales, suspecter mon air souriant face aux injonctions plutôt rébarbatives !), après les tracasseries du vol (en bout de rangée, assise à côté de deux personnes bien enveloppées, j'avais le choix entre me faire bousculer par ceux qui passaient dans l'allée ou me superposer à mon voisin), après les tracasseries du ramassage de valise (c'est idiot d'avoir une valise noire étant donné que 98% des gens choisissent la même couleur et que je ne suis pas très physionomiste de valises), donc, rien n'est plus agréable (j'adore Proust et ses phrases très longues) que de débarquer en pays inconnu et de reconnaitre son nom sur une des pancartes brandies parmi tout un tas d'autres pancartes, au milieu d'une foule de gens plus inconnus les uns que les autres.
L'impression d'être connue en terres inconnues est un sentiment très fort de bien être, pour la gauloise que je suis ! Et, retrouvant ma toute puissance d'enfant, je m'approche de cet homme, à jamais sympatique :
- Oui c'est moi.
Le monsieur à la pancarte portant mon nom, me regarde, me sourit et tout naturellement, sans traduction me répond :
- Oh bien ! Bonne arrivée.
Là, je dois avouer que le plaisir de la langue, ma langue maternelle, ma langue française, est un plaisir à nul autre pareil.
En cette terra incognita, je ne vais pas avoir à utiliser toute mon énergie pour aligner les mots d'anglais que les neurones de ma case mémoire aura retrouver après mille tentatives de connexions synaptiques en tout sens.
Hé oui, tout le monde parle ma langue, aussi naturellement que je la parle.
Cela me rappelle ma vie à Abidjan et je me dis, folle de joie :
- Afrique, me revoilà !
Mai 2012
Je vous fais partager cette composition hebdomadaire pour le plaisir des yeux !
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