Dans la famille maladie et hospitalisation, prenez la carte soins par VAC (Vacuum Assisted Closure). Encore une de ces avancées qui embellissent la vie du malade, comme l'est l'hospitalisation à dominicile (HAD) décrite de mon point de vue dans mon précédent article.

Mais késako ? Un VAC, c'est un système de soins des plaies par dépression, ou "Procédé non invasif de traitement des plaies chroniques par application locale d'une pression négative continue ou discontinue 24 heures sur 24."

La définition n'étant pas très parlante et désirant en parler côté utilisateur et non côté médecin, il me faut quitter le trop pro et l'humaniser en quelque sorte.

Donc, le VAC est un petit appareil électrique muni d'un réservoir, relié à la plaie. Par pression suscessive, il va favoriser l'apparition de tissus (tissus de granulation), et mener la plaie à la cicatrisation.

VAC-4.JPG

Pour faciliter le transport, l'inventeur du génial petit appareil VAC a pensé esthétisme en offrant avec l'appareil un joli sac pour le contenir.

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Et pour fignoler l'aspect tranquillité et utilisabilité, il a ajouté au sac une bandoulière,

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qui rend l'objet clinico-électronique particulièrement confondant avec un sac ordinaire. Sac tellement confondant qu'un jour, le facteur sonnant à ma porte, me voyant ouvrir avec le dit sac à l'épaule n'a pu s'empêcher de me demander :

"Ah, vous partez ?"

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Que nenni !!!

Mais je dois admettre que même moi, je suis frappée par mon côté très "Bernadette Chirac" quand je vois à quel point je suis accrochée à mon sac puisque je ne m'en sépare ni pour dormir ni pour aller aux toilettes, les soins 24h/24, voulant bien dire des soins sans interruption.

Depuis deux semaines et encore pour 20 jours, me voilà vivant avec mon sac, ne sachant plus si j'y suis accrochée ou s'il m'est accroché.

Je l'emporte où je dois aller, il me suit là où je vais. Inexorablement ! Pire qu'un membre, car je ne dois pas l'oublier.

Ah, non je ne peux pas l'oublier !

Cela m'est arrivé deux fois de me lever sans le prendre et de me sentir retenir par un tuyau qui réveille une douleur jusque là bien contenu par toute la panoplie médicamenteuse que l'on m'a fournie.

Deux fois ! Mais en bon rat de laboratoire que je suis, j'ai vite appris que ce membre qu'on m'avait ajouté ne pouvait vivre sa vie sans moi et que moi, je ne pouvais pas vivre ma vie sans lui. J'ai bien compris et je ne l'oublie plus !

Mais non content d'être absolument inoubliable, il ne faut pas oublier que le VAC est d'abord un appareil électronique, avec des caprices particuliers et des pannes qu'il révèle à coup de signal sonore lancinant.

"tut... tut... tut ..."  Réservoir plein !

"tut ... tut... tut ..." Thérapie inactive !

"tut ... tut... tut ..."Pression bloquée !

On m'a prévenu que j'avais deux heures pour le remettre en marche avant qu'on intervienne sur la plaie en changeant le pansement. Connaissant le degré de douleur qu'implique ce changement de pansement qui a lieu déjà deux fois par semaine, ces deux heures sont là pour donner le temps de résoudre le problème toute seule ou de trouver quelqu'un de compétent pour le résoudre en téléphonant à la hotline du service Hospitalisation à Domicile.

Mais après un essai du service HAD, le lundi de Pâques à 2h du matin (loi de l'emmerdement maximum oblige), j'ai vite compris les manoeuvres urgentes pour rendre mon petit VAC à nouveau opérationnel.

Car téléphoner à moitié endormie, un jour férié, en pleine nuit, au service hotline HAD n'a rien de particulièrement plus humain qu'un autre coup de fil au service hotline de n'importe quel autre appareil électronique de notre vie moderne.

Tandis que le stress ne cesse de monter à  l'idée d'un changement de pansement en pleine nuit sans préparation, avant d'obtenir un humain, c'est un disque qui égrène en continu l'objectif du service dont on se moque éperdument puisqu'en tant qu'utilisateur on en connaît bien le contenu : "L'hospitalisation à domicile est une structure de soins alternative à l'hospitalisation. Elle permet d'assurer au domicile du patient des soins médicaux et paramédicaux importants, pour une période limitée mais renouvelable en fonction de l'évolution de son état de santé."

 

Et quand le stress a fait place à l'agacement, l'humain se met enfin à nous parler pour nous prendre notre identité et nous prévenir qu'il se met immédiatement en quête du bon interlocuteur.

Puis, afin de nous éviter l'ennui de l'attente, l'humain toute à son amabilité relance la ritournelle qui repart de plus belle : " L'hospitalisation à domicile est une structure de soins alternative à l'hospitalisation. Elle permet d'assurer au domicile du patient des soins médicaux et paramédicaux importants, pour une période limitée mais renouvelable en fonction de l'évolution de son état de santé."

 

Exactement 12 minutes après, ce qui en soi est un exploit si on tient compte du jour et de l'heure de la demande, mais qui en soi pour le malade représente une éternité faite d'angoisse et d'anxiété, le bon interlocuteur se met à rechercher à distance la cause de la panne. C'est là que l'on voit bien qu'il y a peu de différence entre une hotline hospitalière et une hotline marchande.

- Appuyez sur la flèche qui se trouve à droite

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- Ah ? Excusez moi, je ne vois pas de flèche. Je n'ai qu'un bouton"Marche/Arrêt" et un "Pause Audio".

- Vous êtes sure ? Pourtant vous devez avoir une flèche. Regardez bien.

- Non je vous assure. J'ai aussi un point d'interrogation et une image de cadenas.

- Ah. Et vous avez un mode d'emploi ?

- Je ne sais. Peut être dans la boîte. Mais c'est l'hôpital qui l'a installé. Alors je ne sais pas.

- Ah, mais attendez ! Vous avez un écran tactile ?

- Heu oui !

À ma décharge je dois dire que n'ayant absolument pas l'habitude d'utiliser ce genre d'appareil, j'étais loin de me douter que l'avancée technologique avait atteint la technologie médicale et qu'avant d'être tactile l'appareil a du ne pas l'être. 

À la décharge de mon bon interlocuteur, je dois dire que les infirmiers ne sont pas toujours au courant des avancées technologiques qui touchent des appareils de pointe et que leur formation est loin de prendre en charge les compétences techniques que requiert certains aspects modernes de leur métier.

Si bien, que forte de cet essai, à présent que j'ai lu le mode d'emploi, je me fais seule mon bon interlocuteur et quand une nouvelle fois il a sonné à 6h du matin pour me dire que le réservoir était plein, je me suis transformée en plombier-infirmer-technicien sans trop de difficulté.

C'est pas beau la vie ?

Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 14:19

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