Partir en novembre à quelques semaines de Noël, c'est pas vraiment top car à moins de me faire moine trappiste en décembre ou de me transformer en grip'sous pendant la période des fêtes, mon compte bancaire va dégringoler. Mais bon, comment résister à la demande de ma grande seconde fille qui habite Londres :
- Je vais à une conférence à Jérusalem fin novembre. Tu veux venir me rejoindre un peu avant que l'on se promène ensemble en Israël ?
C'est là que l'on dit : "Au diable l'avarice et les avaricieux" et que l'on prend son billet et que l'on loue une voiture pour les quatre jours avant sa conférence prévue le 28 novembre et que l'on réserve quelques chambres d'hôtels, histoire de profiter de son enfant comme d'un paysement en plein mois le plus venteux, le plus pluvieux, le plus nuiteux de tous les mois de l'année.
Je pars donc jeudi 24, à 6h du matin pour arriver à Tel Aviv à 14h, quelques minutes avant ma fille qui part de Londres, à peu près à la même heure...
Au passage, je dois dire que Londres n'est pas mieux loti que Lyon pour un déplacement matinal en transport en commun, surtout qu'elle comme moi, nous devons rejoindre un point en ville pour prendre une navette. À Londres, comme à Lyon, impossible de prendre le métro pour prendre la première navette et la première navette ne laisse pas de marge pour l'heure fatidique d'embarquement.
La seule option est le taxi.
J'ai donc le choix entre un transport tout taxi (domincile - aéroport) à environ 75€ et 35 mns de trajet et un transport mixte pour un taxi (domicile - navette) à environ 28€ + une navette à 13€ et 45 mn de trajet (15 + 30).
Pour ma fille, le taxi est nettement moins cher. Pas de compagnie low cost ici...
Au passage également, la nouvelle navette de Lyon (Rhone-Express) est une arnaque et j'attends avec impatience un concurrent qui offrira non seulement des tarifs abordables mais un accès plus rapide aux terminaux de l'aéroport.
C'est la première anecdote de ce voyage pour un pays qui m'attire mais que je n'ai pas prévu dans mon projet Tour du Monde.
Arrivée 14h 10 pour moi, 14h40 pour ma fille. Le temps de récupérer les valises, de passer le douane (qui peut être une vraie partie de délires), j'ai tablé pour une arrivée à l'hôtel de Tel Aviv en fin d'après midi.
Soit on profite du cadre (façon de dire on ne fait rien d'autre que se reposer et parler), soit on se balade dans les rues voisines (rues commerçantes et bord de mer), soit on part vers Jaffa pour jouer le touriste qui se mêle à la foule des autochtones.
On prend la voiture louée sur le net pour 4 jours et 89 euros, assurances et double conducteurs, et on file vers Massada. 200 km.
Massafa est un site constitué de plusieurs palais et de fortifications antiques perchés sur un socle de granite, situé au sommet d’une montagne isolée sur la pente est du désert de Judée.
Deux regrets :
1. Je n'ai pas réussi à louer la voiture auprès de Greenpeace, seul organisme qui permet d'entrer et de sortir des territoires palestiniens avec une voiture de location. Tant pis, nous resterons en Israël. Mais Bethléem et Jéricho me tentent bien !
2. J'aurais bien réservé une chambre dans l'auberge de jeunesse de Massada. Mais déjà en septembre, tout était réservé. J'ai donc trouvé quelque chose à Arad... à 50 km...
Comme ce n'est pas trop cher, nous y restons deux nuits.
Nous partons vers Ein Bokek qui permet d'aller à Sodome.
Cette ville me fascine pour une particularité philosophique biblique. Génèse 18, avant que Dieu détruise Sodome, Il trouve juste d'en parler à Abraham. Et là, Abraham et Dieu ont une étrange discussion sur le sens de la justice.
Et il possible de supprimer le juste avec le méchant ? Ne peut on pas pardonner ?
C'est une vraie question à laquelle effectivement Dieu répond que s'il trouve 50 justes, il pardonnerait à tous et n'anéantirait pas la ville.
Si le récit s'arrêtait là, il ne m'aurait peut être pas autant interpellé. Mais il se poursuit sur un mode étrange.
Abraham va réduire de 5, mais Dieu sait compter et lui répond : « Je ne la détruirai pas si j’y trouve quarante-cinq justes. Et, stupeur pour moi, lecteur, Abraham continue et pose la question pour 40 justes (« Peut-être s’en trouvera-t-il quarante ? ») et Dieu va faire la même réponse (« Je ne le ferai pas à cause de ces quarante. ») . Puis sur 30 (« Que mon Seigneur ne s’irrite pas et que je puisse parler : peut-être s’en trouvera-t-il trente. ») et Dieu répond pareil (« Je ne le ferai pas si j’y trouve ces trente. »). Surprenant, non ?
Et les palabres se poursuivent.
« Peut-être là s’en trouverait-il vingt ! »
« Je ne détruirai pas à cause de ces vingt.»
De plus en plus étrange ! On se croirait dans un souk ! On oublie presque que l'on parle de vies humaines.
« Que mon Seigneur ne s’irrite pas si je parle une dernière fois : peut-être là s’en trouvera-t-il dix ! »
Et Dieu refait encore la même réponse : « Je ne détruirai pas à cause de ces dix.»
Et puis, encore plus étrange, Abraham ne descend pas plus bas. "Les palabres" s'arrêtent là. chacun s'en va : "le Seigneur partit" "Abraham retourna chez lui". Un peu comme si rien ne s'était passé.
Mais pourquoi Abraham s’est-il arrêté à 10 justes ? Pourquoi ne pas poser la question pour UN seul juste ? Il aurait pu descendre au-dessous puisque le Seigneur n’avait pas manifesté de colère ou d’impatience en écoutant ses demandes précédentes.
Ce texte est un grand mystère pour moi et jusqu'à présent, je n'ai pas la réponse...Il a fallu 8 justes pour sauver le monde pendant le déluge et Jérémie plus loin dans le texte parle d'un seul juste pour sauver la ville de Jérusalem (Jérémie 5).
Bref, la vraie ville biblique de Sodome n'est certainement pas à Sodome en Israël, mais le paysage est superbe et la promenade sur cette chaine de montagnes constituée à 98% de sel est parait il étrange. Étrange, comme ce récit de la Génèse.
Nous partons vers Ein Gedi, The ville de la mer Morte. Là, pas trop de choix pour dormir. Soit on ne dort pas et on continue après juste un passage sur une des plages de la mer Morte, soit on s'accorde une nuit dans l'unique kibboutz hotelier, à plus de 100 euros la chambre (140 pour être précise).
Comme le site vaut vraiment le coup d'oeil et que j'ai bien envie d'essayer le bain de la mer Morte, j'ai opté pour l'hôtel hors de prix.
Nous quittons la mer Morte pour rejoindre Jérusalem. Là, cela dépendra complètement. Soit, nous restons une bonne partie de la journée sur la mer Morte, soit nous remontons tôt sur Jérusalem. La conférence de ma fille commence mardi 29 et sa seule contrainte est d'être avec ses collègues le lundi au soir. Je dois rendre la voiture avant 18h. C'est ma seule contrainte.
Je prévois la visite de Jérusalem, en m'offrant les parties pas forcément les plus touristiques, mais les plus intéressantes pour mon sens de l'humain. Je ne cours pas après les lieux saints, ignorant encore ce à quoi je crois. Les jardins des oliviers sans doute, le mur des lamentations évidemment, la promenade sur les remparts, la visite du quartier musulman...
Je serai en auberge de jeunesse, un lieu que j'apprécie par le confort des services proposés ...
Pour le programme précis, j'en parlerai avec moi-même et on se mettra d'accord... Avantage du voyage en solitaire.
Mai 2012
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